Les Acteurs (les individus) contre:
- Le directeur de l'Independent Scientific Research Institute de Genève, André Gsponer, estime que les nanotechnologies peuvent effectivement contribuer à la miniaturisation et à la sécurité des bombes nucléaires en créant des matériaux résistant à la chaleur et au rayonnement. De plus, elles pourraient servir à créer la quatrième génération d'armes nucléaires, c'est-à-dire une bombe à fusion nucléaire "propre" de faible puissance qui ne contiendrait que peu, voire pas du tout, de matière fissile. Ces bombes pourraient trouver une utilisation dans les missiles à forte pénétration dans le sol.
- Sean Howard, dans ses travaux sur les implications des nanotechnologies pour la sécurité, a appelé la menace de guerre chimique et biologique, une véritable nano goo.
- L'incidence des nanotechnologies sur les stratégies militaires de même que les implications qu'elles pourraient avoir sur les accords internationaux de désarmement ne reçoivent pas l'attention qu'elles méritent. Cette question n'a fait l'objet que de très rares publications, les plus citées, indépendamment du travail d'investigation fourni, étant celles de Jürgen Altmann, Sean Howard et André Gsponer.
- Mark Avrum Gubrud, de l'Université du Maryland, va plus loin encore quand il dit que les armes nucléaires traditionnelles font qu'une guerre classique sera "dépassée" parce qu'il sera impossible d'obtenir une "victoire décisive". Or, dans le cas des nanotechnologies, c'est la dissuasion qui est dépassée "car on ne pourra maintenir une paix armée stable entre rivaux dotés d'armes nanotechnologiques".
- Le défenseur le plus connu du principe de précaution est Bill Joy, qui fut pourtant cofondateur de Sun Microsystems. En avril 2000, dans un article célèbre publié dans la revue Wired, "Pourquoi l'avenir n'a pas besoin de nous", Bill Joy a lancé un plaidoyer en faveur de l'arrêt du développement des technologies du XXIe siècle, comme la génétique, les nanotechnologies et la robotique. Son argument de fond est que, contrairement aux encombrants armements du passé, ces technologies pourraient être utilisées par des petits groupes, voire des individus irresponsables. Bill Joy met en garde contre le fait qu'avec les nanotechnologies, la menace traditionnelle des armes de destruction massive est amplifiée par une destruction de masse fondée sur le savoir : Pas besoin de vastes installations ou de matières premières rares. Le savoir seul permet de les utiliser". Selon lui, la menace de la destruction de masse fondée sur le savoir est plus grande que celle des armes de destruction massive conventionnelles, parce qu'elle va donner "des moyens surprenants et terribles à des individus en marge".
- Ray Kurzweil, un scientifique américain influent aux idées très radicales, a plaidé la cause des nanotechnologies : "Malgré les appels à suspendre les recherches sur les nanotechnologies, nous n’aurons pas d’autre choix que de relever ce défi (...) Les avancées dans les nanotechnologies et les autres technologies d’avant-garde sont inévitables." Kurzweil résumait ainsi l’état d’esprit des pro-nanotechnologies, venus mettre en garde les politiques contre toute mesure limitant la recherche.
(Source: www.nato-pa.int NATO Parlimentary Assembly)
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